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Le
kakejiku
L’ art
pictural
japonais est un art complexe où il convient de considérer à la fois
la représentation et son support. Nous pouvons distinguer trois types
de support. Un premier, rigide, que nous pouvons contempler avec les
paravents ou les parois coulissantes, un second, pliable, représenté
par les livres d’images, et enfin un troisième, qui se roule. Il
existe deux types de formats roulés : un premier, appelé e-maki
ou makimono, qui se roule
horizontalement et se manipule tel un « livre » que l’on déroule
d’une main et enroule de l’autre, afin de pouvoir le contempler. Un
second, le kakejiku, qui se déroule
verticalement et qui se suspend au mur pour pouvoir être admiré.
Le
rouleau vertical serait apparu entre le viiie et le ixe
au
Japon, où il aurait servi de support pour la représentation des
mandala ou cartes mystiques. Au Japon, les origines du rouleau vertical
sont en effet liées au bouddhisme et plus spécifiquement au bouddhisme
ésotérique. Ce format de présentation a connu une évolution
stylistique tout au long des siècles. Il est encore couramment utilisé
pour les peintures et calligraphies contemporaines réalisées en
employant la technique picturale traditionnelle japonaise appelée Nihonga.
Les
origines du terme kakejiku se
trouveraient dans les images religieuses qui, bien qu’exposées
verticalement suspendues à un mur, étaient roulées horizontalement.
Le rouleau vertical est aussi fréquemment désigné par le terme kakemono.
Le
format de présentation en rouleau vertical se distingue du format
horizontal par la monture élaborée qui encadre l’œuvre. Cette
monture est désignée en japonais par le terme de hyôgu.
La monture est constituée de plusieurs éléments : elle peut être
réalisée avec du papier mais elle est le plus souvent effectuée avec
différents textiles. La préciosité de ces textiles varie : on
peut voir des montures où des brocarts de soie côtoient des textiles
d’armure simple. Chacun possède une grande variété de motifs et de
coloris. Afin de pouvoir être assemblés, les différents éléments
sont d’abord doublés séparément. L’ensemble formé par l’œuvre
et sa monture, est ensuite consolidé par différents doublages de
papiers japonais.
Il
est donc important de bien comprendre les liens à la fois structurels
et esthétiques qui unissent l’œuvre et sa monture afin de pouvoir
pleinement apprécier la contemplation d’un rouleau vertical.
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